Reconversion de la friche Heineken :

À la suite de l’article publié par les Dernières Nouvelles d’Alsace le 13 juillet 2026, Col’Schick souhaite clarifier sa position.
Reconversion du site Heineken : construire un projet d’avenir, pas un projet subi.
Notre association a démontré qu’il était possible d’influer concrètement sur les projets urbains. Sur le site Fischer, notre mobilisation a permis de faire évoluer un programme initial de près de 900 logements à environ 610. Ce résultat illustre notre capacité à lutter contre la bétonisation excessive et la spéculation foncière, tout en proposant des solutions réalistes et équilibrées, même si le résultat est subi, nous avons limité les dégâts.
Pour le site Heineken, notre démarche est claire : nous privilégions la co-construction avant la confrontation. Nous voulons participer bien en amont à l’élaboration d’un projet ambitieux avec l’ensemble des acteurs concernés plutôt que découvrir un projet déjà ficelé. Le dialogue n’est pas une faiblesse ; c’est la meilleure garantie d’un aménagement durable et accepté.
Nous ne sommes pas opposés à la construction de logements. L’Eurométropole de Strasbourg connaît une forte tension sur le marché de l’habitat et chacun en est conscient. Mais il serait tout aussi absurde de construire massivement partout (3000 logements construits depuis 2018 et 5 autres sites encore à urbaniser) … sauf sur le site Heineken. Un tel raisonnement irait à l’encontre de toute logique de couture urbaine et de continuité du tissu urbain. La véritable question n’est donc pas « faut-il construire ? », mais que construire, combien, pour qui et avec quel équilibre ?
Cette réflexion ne peut d’ailleurs être menée indépendamment de la prochaine révision du Plan local de l’habitat (PLH) de l’Eurométropole. Ce document fixera les besoins réels du territoire pour les prochaines années, sur la base d’analyses démographiques, de projections et d’un travail avec les communes, notamment celles soumises aux obligations de production de logements sociaux. Avant de figer un projet sur un site aussi stratégique, il est indispensable de disposer de cette vision d’ensemble.
Nous tenons également à lever une confusion : Col’Schick ne parle pas de « rentabilité ». Ce terme ne correspond ni à notre analyse ni à nos propositions. Nous parlons d’une réalité économique incontournable : l’amortissement des coûts d’acquisition du foncier, des travaux de démolition et de dépollution. Ces dépenses devront être couvertes, quel que soit le maître d’ouvrage, public ou privé. Les reconnaître ne signifie pas que la logique financière doit primer sur l’intérêt général.
Notre exigence demeure inchangée : un parc public de quatre hectares. Ce n’est pas une revendication symbolique, mais un choix d’aménagement répondant aux défis climatiques, à la biodiversité, à la santé publique et au besoin d’espaces de respiration dans un secteur déjà fortement urbanisé.
Nous serons un interlocuteur exigeant, mais constructif, auprès de l’Eurométropole comme du Crédit Mutuel. Toutes les options permettant une maîtrise collective du devenir du site doivent pouvoir être étudiées, y compris une préemption publique ou la création d’une Zone d’aménagement concerté (ZAC). Ce qui importe n’est pas le statut du porteur de projet, mais la capacité à construire un projet répondant à l’intérêt général.
Enfin, Col’Schick entend porter la voix des Schilikois dès les premières réflexions. Les besoins, les usages et les préoccupations des habitants doivent être intégrés avant les procédures réglementaires de concertation et avant toute modification des règles d’urbanisme. La concertation ne doit pas servir à valider des décisions déjà prises ; elle doit permettre de les construire collectivement.
Le site Heineken représente l’une des dernières grandes réserves foncières de ce secteur de l’agglomération. Son avenir mérite mieux qu’une opposition stérile ou qu’une logique exclusivement comptable. Il mérite un véritable projet de ville, pensé avec les habitants, conciliant logements, nature, activités, mobilités et qualité de vie. C’est cette ambition que Col’Schick continuera de défendre.
